Ce que la liste d'ingrédients dit, et ce qu'elle ne dit pas
La composition d'un cosmétique est réglementée et lisible. Elle apprend des choses utiles — et beaucoup moins que ce que certaines applications de notation laissent croire.
Savoir lire une liste d'ingrédients est utile. Croire qu'elle permet de juger un produit ne l'est pas, et c'est le malentendu que je rencontre le plus.
Comment elle est construite
Les ingrédients sont mentionnés selon une nomenclature internationale commune, ce qui permet de reconnaître une même substance d'un produit à l'autre et d'une langue à l'autre. Ils sont listés par ordre décroissant de concentration, jusqu'à un seuil en dessous duquel l'ordre est libre.
Cela donne deux informations exploitables : ce qui compose l'essentiel du produit, et la présence ou l'absence d'une substance qu'on cherche à éviter — pour une intolérance connue, par exemple.
Une liste d'ingrédients dit ce qu'il y a dedans. Elle ne dit ni en quelle quantité au-delà du seuil, ni sous quelle forme, ni comment l'ensemble se comporte.
Ce qu'elle ne permet pas de faire
Juger l'efficacité. Un actif présent en quantité insuffisante ou dans une formulation inadaptée ne produira rien, et la liste ne permet pas de le savoir.
Juger la tolérance. Elle dépend de la formule entière et de la peau de chacun. Deux produits aux listes proches peuvent être ressentis très différemment.
Établir un score de qualité. C'est le point sur lequel je suis le plus réservée. Les applications qui notent les produits appliquent des grilles fondées sur la présence de substances, sans tenir compte de la concentration ni de l'usage. Une même substance peut être parfaitement encadrée à une concentration donnée et problématique à une autre — la dose et l'exposition font partie du raisonnement.
Ce qui existe par ailleurs
Les produits cosmétiques mis sur le marché européen relèvent d'un cadre réglementaire qui prévoit une évaluation de la sécurité, des listes de substances interdites ou restreintes, et un dispositif de vigilance permettant de signaler les effets indésirables.
Autrement dit, le tri de base est fait en amont. Ça ne dispense pas d'être attentif, notamment en cas d'allergie connue, mais ça relativise l'idée qu'il faudrait auditer soi-même chaque formule.
Ce que je regarde, moi
- Les premiers ingrédients, qui disent ce qu'est vraiment le produit.
- La présence de ce à quoi je réagis, que je connais par expérience.
- La liste des allergènes signalés, obligatoire au-delà de certains seuils, utile si l'on a déjà eu une réaction.
Et pour tout le reste, je juge à l'usage sur plusieurs semaines — parce que c'est la seule méthode dont je dispose.